CACHET INTAILLE L’AMOUR LOUIS XV

CACHET INTAILLE VIVE L’AMOUR

CORNALINE – OR 18 CARATS

EPOQUE LOUIS XV, FRANCE

H: 2,3 cm – L: 1,7 cm – P: 1,4 cm

 

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Revers en porcelaine

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intaille vive l'amour 1

  • J’aime porter le cachet en pendentif ( voir photo ci-dessus )
  • Rare témoignage de l’art de la glyptique en France sous Louis XV, merci madame De Pompadour.

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MADAME DE POMPADOUR ET LA GLYPTIQUE

Lorsqu’en 1745 Louis XV rencontre madame de Pompadour, la glyptique, c’est-à-dire l’art de tailler des pierres dures en relief ( camées ) ou en creux ( intailles ) n’était plus à l’honneur en France comme sous la Renaissance. La situation en ce milieu du XVIII ème siècle est connue grâce à l’ouvrage de Pierre Jean Mariette, paru en 1750, intitulé Traité des pierres gravées. Par là, nous savons que sous le règne de Louis XV un certain nombre d’amateurs collectionnaient encore les intailles et camées, notamment Lévesque de Gravelle et surtout Pierre Crozat ( 1665 – 1740 ), qui, bien qu’il soit plus connu pour ses collections de peintures et de dessins, possédait près de mille quatre cents pierres de grandes qualité, amassées en Italie et en France. Cette fabuleuse collection, qui comportait des chefs d’oeuvre aussi bien antiques que modernes, fut proposée au Premier ministre, le cardinal de Fleury, pour le cabinet du Roi, mais elle fut refusée et c’est le duc d’Orléans, fils du Régent, qui l’acquit en blog.

Cependant le goût pour cet art délicat n’encourageait guère de vocations: la gravure sur pierre requiert en effet une patience infinie, les techniques et les outils employés ayant peu varié de l’Antiquité à ce milieu du XVIII ème siècle. Le traité de Mariette nous donne une description très précise de la minière de graver: « je l’ai vu pratiquer par M.Guay graveur du Roi ». Le graveur présente la pierre , déjà taillée à la forme désirée, contre un outil à pointe de métal sertie d’une pointe de diamant, actionné par une roue, tout en l’arrosant sans cesse d’un mélange d’huile et de poudre de diamant qui permet à l’outil de creuser la pierre. Certains détails sont gravés à mains levée à l’aide d’une pointe de diamant.Chaque intaille nécessite plusieurs jours, voire plusieurs semaines, d’un travail minutieux. En 1752, Guay grava un petit saphir « voeu de la France pour le rétablissement du Dauphin », en neuf jours, ce qui était un exploit. N’oublions pas que la plupart des pierres ne font que quelques millimètres et que le dessin étant en grande partie dissimulé sous la couche de poudre de diamant et d’huile qui recouvre la pierre, le graveur doit sans cesse s’arrêter pour contrôler son travail en prenant une empreinte. Quand aux camées, ils demandent encore plus de temps et d’habilité, les outils étant plus appropriés à creuser des sillons ou des cavités arrondies qu’à donner des volumes; un beau camée peut demander plusieurs mois. Cela sous entend donc que cet art ne peut s’exercer sans le soutien financier de commanditaires, rôle que jouèrent à la Renaissance François 1er, Catherine de Médicis, Henri IV mais que Louis XIII comme Louis XIV négligèrent. Louis XIV fut pourtant un fervent collectionneur de pierres gravées, surtout antiques, mais aucun nom de graveur n’est attaché à son règne et la production de pierres gravées à sa cour semble limitée à des portraits du Roi ou des proches, non signés.

Mariette ne nous livre guère, pour les débuts du règne de Louis XV, que le nom de Jean Baptiste Certain et de François Julien Barier, graveur ordinaire du Roi en pierres fines, alors réputé pour ses portraits d’après nature de personnages de la Cour ou d’écrivains comme Fontenelle. Le cabinet des médailles ne conserve de lui qu’une intaille. Deux artistes français choisirent – peut-être par manque de commandes- d’effectuer leur carrière à l’étranger: Louis Chapat, à Genève et à Berlin, Louis Siries à Florence puis à la cour de Vienne.

C’est vraisemblablement la marquise de Pompadour qui donna un nouvel essor à la glyptique française en devenant la protectrice et l’inspiratrice d’un jeune graveur, Jacques Guay. De Marseille, il vint à Paris comme élève de Boucher. Celui-ci lui fit connaitre Pierre Croyat dont la riche collection de glyptique ( aujourd’hui collection Catherine de Russie conservée à l’Ermitage )- lui révéla sa vocation. Pour étudier cet art, il partit en 1742 à Florence ou il examina avec attention les pierres du grand-duc et donc les collections des Médicis puis à Rome d’ou il rapporta ses premières intailles, gravées d’après l’antique. Grâce à un recueil ayant pour titre Suite d’estampes gravées à l’eau forte, faite par madame de Pompadour d’après les pierres gravées de Guay, graveur du Roi. Ces gravures, oeuvres de la la marquise , aidée des dessins de Guay ou des peintres Boucher et Joseph-Marie Vien, sont un document essentiel pour la connaissance de l’oeuvre de Guay, d’autant plus qu’une notice explicite, précieuse accompagnait chaque planche donnant le sujet, la source d’inspiration et la date. Ce recueil a sauvé de l’oubli bien des oeuvres de Guay aujourd’hui disparues. L’oeuvre qui signala Guay à l’attention de la marquise et d’autres amateurs est une intaille sur cornaline qui présente la tête de profil d’Antinous d’après la statue du Capitole. Séduite madame de Pompadour commanda à Guay une intaille destinée à commémorer l’une des première victoires du roi, le triomphe de Fontenoy. Cette cornaline fut léguée au roi par la marquise.
Après le succès remporté par cette première commande, Jacques Guay fut nommé graveur du roi en 1745, et fut admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1748 avec une intaille sur cornaline « Apollon couronnant le génie de la peinture et de la sculpture » Apollon est représenté sous les traits du roi, entièrement nu, ce qui fit scandale.

Bien q’ayant reçu un logement au Louvre en tant que graveur du roi. Guay s’installa à Versailles auprès de sa protectrice. Celle-ci non seulement suivait avec attention ses travaux mais elle lui demanda aussi de lui enseigner l’art de la gravure sur pierres fines.
Sous l’influence de Mme de Pompadour Guay abandonna la copie d’antiques pour aborder des compositions plus importantes:
Tout d’abord les hauts faits du règne de Louis XV. Parallèlement à l’histoire métallique, Mme de Pompadour entendait glorifier et immortaliser le règne de Louis XV par ces bijoux précieux.
Par de nombreux petits sujets de genre, aux gracieuses figures d’amours, de génies, d’allégories féminines, reflets du goût du XVIII ème siècle, s’inspirent de dessins du peintre François Boucher. Il servaient à la marquise de message allégorique, tels « La fidèle amitié » ou « l’amour sacrifiant à l’amitié », le changement des relations entre le roi et la marquise, amie mais non plus amante.
La part la plus personnelle de l’oeuvre de Guay réside dans ses portraits réalisés non plus d’après des dessins mais d’après nature. Tel le camée de Louis XV, Mme de Brionne, , la maréchale de Mirepoix…
Guay travaillait exclusivement pour le cercle de la marquise, ce qui explique le nombre restreint d’oeuvres créées après la mort de sa protectrice en 1764.
La mort de la marquise annonce la fin de cette période de vif intérêt pour la glyptique en France.

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