TABLE TRICOTEUSE, L EXOTISME SELON WEISWEILER.

TABLE TRICOTEUSE

LAQUE ROUGE, VERT ET OR CHINE EPOQUE QIANLONG; BRONZE CISELE ET DORE A L’IMITATION DU BAMBOU.

ATTRIBUEE A ADAM WEISWEILER ( 1746 

EPOQUE LOUIS XVI, VERS 1790

HAUTEUR: 77 cm – LARGEUR: 70,5 cm – PROFONDEUR: 38,5 cm

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Cette table tricoteuse, d’une grande élégance, est attribué à l’un des plus importants
ébénistes parisiens de l’époque Louis XVI, Adam Weisweiler, qui a oeuvré tant pour la Cour de France que pour d’importants personnages étrangers.
Les trois plateaux sont décorés de laque de chine rouge à décor, vert, or et ceinturés par des baguettes en bronze doré . Les montants, à doubles colonnettes, imitent des tiges de bambou. L’ensemble de la composition repose sur quatre pieds sabre ornés  de bronze doré. C’est Adam Weisweiler qui créa ce type de mobilier original à décor de bambous, référence au goût exotisme. Le Musée des Arts Décoratifs de Paris conserve un dessin préparatoire à la réalisation d’un guéridon qui fut destiné au Comte Skawrousky . On y retrouve nos montants à doubles colonnettes  imitant le bambou.

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Musée des Arts décoratifs, Paris

Ce type de meuble à doubles colonnettes imitant le bambou semble avoir connu les
faveurs des grands personnages de l’époque à commencer par les marchands merciers qui fournissaient les membres de la Cour notamment en mobilier. La présence novatrice du bambou dans ce dessin traduisait un engouement pour l’exotisme. Au cours des années 1785-1800, Daguerre profita de la résurgence de cette tendance pour asseoir définitivement le succès de ce modèle. A la même période il participa aux décors exotiques du futur George IV à Carlton House.

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Il existe plusieurs meubles de ce type portant l’estampille de Weisweiler mais la plupart de ceux qui nous sont parvenus, à l’instar de notre oeuvre, ne sont pas frappés du fer du Maître et font l’objet cependant d’une attribution à ce dernier.

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Notes:

Martin-Eloy Lignereux (1751-1809) est l’un des plus prestigieux créateurs d’objets d’art ou marchands-merciers français. Actif à Paris dès 1781, il a fondé la Maison Lignereux. De son vivant, Martin-Eloy Lignereux est recherché par une clientèle sophistiquée et exigeante. Il est sollicité pour orner de ses créations les demeures des plus grands collectionneurs de son temps, en France, mais aussi en Angleterre, en Hongrie, à Saint-Pétersbourg, Naples et Madrid.

Martin-Eloy Lignereux naît en novembre 1751 à Cuvilly (60), de parents issus d’un milieu de petits commerçants du Valois. C’est vraisemblablement auprès de son père, avant d’arriver à Paris, qu’il fait son apprentissage et obtient sa maîtrise, selon les statuts de la Corporation des Marchands. Le contrat de mariage de Martin-Eloy Lignereux stipule qu’il exerce dès 1781 le métier de marchand- mercier à Paris.

Il épouse Anne-Henriette de Milleville le 9 juin 1781. Âgé de 29 ans, Lignereux possède alors sa propre enseigne sur la rue Saint-Honoré, rue qui concentre les plus importantes boutiques de luxe de l’époque. Bien que n’étant pas issu du sérail, il semble avoir réussi à prendre pied très tôt dans le petit monde des marchands-merciers parisiens. En 1782, il choisit Dominique Daguerre, l’un des plus illustres marchands-merciers de la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour parrain de sa fille.

La Maison Daguerre & Lignereux

Martin-Eloy Lignereux s’associe le 1er avril 1787 avec Dominique Daguerre, « marchand bijoutier » renommé et recherché en particulier par la reine Marie-Antoinette a son magasin « à la Couronne d’Or » (ancien magasin de son prédécesseur Simon-Philippe Poirier) au 85, rue Saint-Honoré, en face de l’hôtel d’Aligre.

Martin-Eloy Lignereux, lorsqu’il rejoint Daguerre, a acquis une expérience solide dans le marché du luxe et l’artisanat d’art parisien. Daguerre quant à lui, bénéficie d’une clientèle prestigieuse. L’assemblage de leurs talents permettra à la Maison Daguerre & Lignereux de se déployer malgré les accidents de l’histoire.

Entre outre, le 10 octobre 1789, la reine Marie-Antoinette, échaudée par les journées d’octobre, confie à « Daguerre et Lignereux, marchands bijoutiers », sa collection personnelle d’objets d’art et de curiosités. Après la mort de la reine, Lignereux remettra à l’Etat français cet ensemble inestimable.

Lorsque Dominique Daguerre meurt en 1796 (5 décembre 1796), Lignereux se retrouve à la tête d’une maison solidement établie, forte d’une réputation internationale. Un rapport du préfet de la Seine du 8 juin 1807 indique que « la maison Daguerre et Lignereux en temps de paix faisait avec l’étranger de 1.500.000 à 200.000.000 d’affaires.

Toutefois le marché du luxe parisien est sinistré par la Révolution ; les échanges avec l’Angleterre, à l’exception de la courte Paix d’Amiens (1802-1803), sont fortement compromis par la guerre entre les deux pays. Malgré ces défis, Lignereux n’a de cesse que de poursuivre son activité de créateur d’objets d’art.

Pour se rapprocher d’une clientèle qui se renouvelle sous le Directoire et le Consulat, il choisit de déplacer son magasin parisien en 1795 (2 germinal An III, 22 mars 1795) au 2, rue Christine, puis en 1800 (27 germinal An VIII, 17 avril 1800) au 44 rue Vivienne, enfin en 1803 (1er messidor An IX, 20 juin 1803) au 44 rue Taitbout.

Martin-Eloy Lignereux invite les meilleurs artisans de la capitale à élaborer sous sa direction des meubles et objets « d’un goût nouveau ». Sous le Consulat et l’Empire, la réputation de la maison Lignereux continue de s’imposer. En 1802 et en 1803, Lignereux obtient la médaille d’or à l’Exposition des Produits de l’Industrie. Sa boutique est un lieu prisé par les plus grands amateurs, et devient une destination touristique pour les riches étrangers de passage dans la capitale. Il a une fille unique, Adélaïde-Anne, née en 1782. En 1798, cette dernière épouse l’ébéniste François-Honoré-Georges Jacob, issu de la dynastie des Jacob, menuisiers et ébénistes depuis 1765. Parmi les témoins de mariage, on identifie le bronzier Pierre-Philippe Thomire et les architectes-ornemanistes Charles Percier et François Léonard Fontaine

En 1804, affaibli par la maladie, Lignereux vend son stock d’objets et de meubles au bronzier Pierre-Philippe Thomire. Lignereux s’éteint à Paris en 1809.

Collaborations

Martin-Eloy Lignereux, en raison de sa position dans le monde de la création parisienne des années 1780-1800, est au cœur d’un réseau d’artistes de grand talent. Il invite les plus grands artisans à dessiner et confectionner, sous sa direction, les objets et les meubles de ses collections. Parmi ses collaborateurs, on identifie avec certitude l’ébéniste Adam Weisweiler et les bronziers François Rémond et Pierre-Philippe Thomire. Un faisceau d’indices laisse à penser que les ébénistes Bernard Molitor, Claude-Charles Saunier, le bronzier Lucien-Francois Feuchère, et les architectes et ornemanistes Charles Percier(1764-1838) et Pierre François Léonard Fontaine (1762-1853), ont aussi collaboré aux créations de la maison Lignereux.

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